Pour ceux d’entre vous qui ont déjà été amenés à effectuer une recherche bibliographique scientifique, vous connaissez probablement Google Scholar . Cette branche du moteur de recherche développée par le géant californien a l’avantage de simplifier le travail en centralisant bon nombre de liens et en étant très efficace pour la recherche de mots clés, comme toujours chez Google. Il fournit notamment de nombreux liens vers des articles scientifiques gratuits et est plus simple que des moteurs de recherche spécialisés, comme PubMed par exemple dans le domaine médical.

Mais voilà, on ne demande pas à un tel moteur , ou à une revue scientifique d’être d’abord simple ou gratuite . Ce qu’on en attend plutôt, c’est une rigueur scientifique irréprochable quant à la vérification de la méthodologie , des sources , du sérieux des revues scientifiques dont elle publie les articles comme « articles scientifiques » .

Et c’est là que le bât blesse.

En effet , comme nous le rapporte l’Agence Science Presse , il existe dans le monde des revues scientifiques bon nombre « d’éditeurs prédateurs » dont le but est plus d’être rentable que de faire avancer la science .

Mais pourquoi donc l’appellation « éditeurs prédateurs » ?

Cela tient à la « ligne éditoriale » de ces revues. Il n’est en effet pas très compliqué d’y publier des articles scientifiques, ce sont littéralement elles qui viennent à vous. Pour commencer, elles inondent de mails les scientifiques, leur proposant de publier un article dans leur revue, moyennant finances bien sûr ! Aucune vérification quant à la méthodologie de l’étude, son sérieux, presque tous les articles sont publiés (ce qui implique d’ailleurs une certaine sélection dont il est légitime de se questionner sur ses critères) .

La formule est de Jeffrey Beall , bibliothécaire à l’Université du Colorado à Denver qui est l’auteur d’un blog, Scholarly Open Access , au sein duquel il entreprend une critique des publications scientifiques en accès libre sur internet. Il y répertorie notamment tous les éditeurs ou revues scientifiques qualifiés de « prédateurs ». Or , selon lui, en référençant tous ces articles , Google Scholar est rempli de « junk science » comme on parle de « junk food » . On pourrait donc dire que celle-ci est à la science ce que Mac Donald’s est à la gastronomie . Chacun jugera donc de ses qualités nutritionnelles !

Mais après tout , quelles implications pour notre vie quotidienne ?

Les implications sont énormes et fondamentales, car ces publications pseudo-scientifiques sont reprises comme références , comme cautions scientifiques dans des débats aussi importants que le réchauffement climatique , la nécessité ou la dangerosité des vaccins et bien d’autres.

Si la communauté scientifique va rapidement les discréditer, les noms aux consonances comme Academic Public Research Agency, ça fait sérieux dans les journaux destinés au plus grand nombre !

Et la liberté d’expression dans tout ça ?

Il me semble important de la respecter , y compris dans le domaine scientifique afin de permettre un débat ouvert . Un internet libre et neutre peut permettre cela, chaque scientifique est libre de publier ses travaux en accès libre .

Mais quand on peut acheter une caution scientifique en étant publié par des « éditeurs prédateurs » dans leurs revues « scientifiques » aux noms aguicheurs , là il y a un problème .

Sources : 

http://www.sciencepresse.qc.ca/actualite/2011/12/07/editeurs-scientifiques-predateurs

http://blogs.mediapart.fr/blog/agence-science-presse/171114/quand-google-pollue-la-science

http://scholarlyoa.com/2014/11/04/google-scholar-is-filled-with-junk-science/

http://scholarlyoa.com/publishers/

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